Noëls de Bourg-en-Bresse
Noël de Saint-Denis
Sur l'air : De Monteron, que vous êtes cruelle, De quitter ainsi vos amants n°V
Ma fay, Meygna, z'é bin viu de berzire
Ma foi, garçons, j'ai vu bien des bergères
Avoui leu berzi ç'ti matin,
Avec leurs bergers ce matin
Que corivan lo lon de le çarire
Qui couraient le long des chemins
Vé la granz'à Piaro Martin.
Vers la grange de Pierre Martin
Z'é demando vay que l'alovan fore ;
J'ai demandé voir ce qu'ils allaient faire
L'on respondu : no van vay la Comore.
Ils ont répondu : nous allons voir la Commère.
On ne pové me buto à la téta
On ne pouvait me mettre dans la tête
Qué Comore l'alovan vay :
Quelle Commère ils allaient voir
Z'é bin coniu qu'y ave groussa féta
J'ai bien connu qu'il y avait grande fête
Quan z'y é viu alo tray Ray
Quand j'y ai vu aller trios Rois
Don lou cevau fassan mai de paussire
Dont les chevaux faisaient plus de poussière
Qu'on for à chau ne fa po de femire.
Qu'un four à chaux ne fait pas de fumée.
Lo Ray qu'ave lo pai blan coman neze
Le Roi qui avait les cheveux blancs comme neige
Li peurti d'our mai d'on quinto ;
Lui porta plus d'un quintal d'or
Chotie qu'ave lo gron nay coman peze,
Celui qui avait le visage noir comme poix
D'ançan qu'on brule su l'auto ;
De l'encens qu'on brûle sur l'autel
L'autro peurti d'ongan na plinn' éguire
L'autre porta une pleine aiguière d'onguent
Per angraiché cé qu'on but' à la bire.
Pour embaumer ceux qu'on met dans la bière.
On bon zanti li peurti per ufranda
Un bon gentilhomme lui porta pour offrande
On petier corset de coton ;
Un petit corset de coton
‘N autro peurti de gan fai à la Flanda
Un autre porta des gants faits dans la Flandre
To garni de pai de mauton ;
Tout garnis de peau de mouton
Lo pouvr' Efan n'u zamai se gran zouie
Le pauvre Enfant n'eut jamais si grande joie
Que quant i viu tan de brove zinzouie.
Que lorsqu'il vit tant de jolies choses.
Ze ne savai po ran qué mena fore
Je ne savais pas trop quelle mine faire
San on veilliar mon ben ami,
Sans un vieillard mon bon ami
Que me creyi d'upré de la Comore :
Qui m'appela d'après la Commère
- N'éte-vo po de San-Remi ?
- N'êtes-vous pas de Saint-Rémi ?
- Voa, mon paran ; mai ze si bin en pinna
- Oui, mon parrain, mais je suis bien en peine
Per cho Motet don ze n'é po l'étrinna .
Pour cet Enfant pour qui je n'ai pas d'étrenne.
- Veni, veni fore la reverance
- Venez, venez faire la révérence
E preyé la More de Di
Et prier la Mère de Dieu
Qu'i vo balie de bin an abondance
Pour qu'il vous donne du bien en abondance
E u chavon son paradi.
Et à la fin son paradis.
An m'aproçan, lo Fi me fi gran féta
En m'approchant, le Fils me fit grand'fête
E m'a bali de la man su la téta.
Et m'a donné de la main sur la tête.
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